quelquepart

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Wednesday, June 17 2009

0403

Part I

Si j'étais une pierre, je n'aurais pas d'ongles.
Si je n'avais pas d'ongles, je ne pourrais ni les peindre ni les compter.
Je ne pourrais jouer à la française des jeux sans outil ou sans me trémousser (reste à vérifier que j'aurais le droit de percevoir mes gains), je ne pourrais les couper ni les ronger, j'aurais besoin de quelque chose d'autre pour me gratter.
Je pourrais passer ma journée à y penser, mais en même temps je m'en foutrais, les pierres n'ont pas besoin d'ongles (la preuve elles n'en ont pas).

Part II

En partant je ne savais plus. Après avoir réglé ce problème comme suit, (je ne sais pas) je rentre avec un atout supplémentaire : je ne comprends pas.

Part III

En suspens.
Il s'agissait au départ de la valise idéale, mais il y a trop de câbles, donc je songe à changer de thématique. Il est entendu qu'il faut une troisième partie, c'est comme ça que ça se passe dans The Three Shadows (ou les trois grâces, les trois doigts de la main… qu'en sais-je), alors suspendons et voyons. C'est pas grave.

Saturday, June 6 2009

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Les chiens hurlent à la mort jusqu'à 5h16, heure à laquelle ils laissent place au piaillement des oiseaux. Pour l'œil il fait toujours nuit, mais cet instant sonne le départ de l'aube.
Bkk.

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Monday, May 18 2009

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La vache (ça fait beaucoup de salade), il fait nuit.

Nothing to worry about, Peter Bjorn & John.

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Chers amis lecteurs,
Je viens de voir un escargot. Que j'ai pris pour une limace juste le temps de le dire à voix haute et de remarquer sa coquille
- Oh une limace, ah non un escargot.
Il est difficile d'imaginer la joie que m'a procurée cette vision, un gastéropode qui ne ressemble en rien à un singe, un éléphant, un cafard ou un rat géant omniprésents en Asie. Un simple escargot des pluies d'ici.
Je poursuivrai cette parenthèse animalière en remarquant que les écureuils parlent certainement anglais, à la différence des pigeons, plus latins. Que ce soit en Angleterre, aux USA ou au Canada, les écureuils peuplent les parcs, tandis qu'à Paris, Rome ou Venise, nous croulons sous les pigeons.

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Chers amis lecteurs, je vais bientôt quitter quelquepart, j'erre de moins en moins, je serai bientôt là. Je suis partie sans but, en Orient, à la recherche d'une autre vérité que je n'ai pas trouvée comme jaillissant de cette obscure partie du globe. Pas de nouvelles croyances, de nouvelle voie, pas de Bouddha enchanteur dans une forêt de lianes ou sur les hauteurs du Tibet. Ou plutôt si, mais qui ne s'adressent pas à mon esprit occidental que les instincts gravés expulsent à la moindre prétention de foi. J'ai découvert un monde qui perçoit la vie de façon totalement différente, et, bien qu'y étant invitée, cette culture n'a fait germer en moi aucune racine porteuse.
J'ai découvert qu'ailleurs était, sous sa différence flagrante, fort semblablement peuplé d'humains. A chaque peuple ses questions primordiales, à chaque peuple ses réponses réconfortantes, aux latins les pigeons, aux anglo-saxons les écureuils. Quant à moi, j'ai trouvé ce que je voulais.
Je reviendrai peut-être sur cette fabuleuse expérience, mis à part ça, ce matin, visite de la distillerie Jameson dont le chat (trop vieux pour ne pas être empaillé) se nomme Smithy,

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et suite à laquelle nous nous sommes vus offert un verre de Whiskey. A jeun, la journée commençait bien.

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Un court film présentait les différentes façons de boire le whiskey à travers le monde, je suivais : cranberry pour les Irlandais, coca pour les américains, pomme pour les russes… me demandant pourquoi toujours rajouter quelque chose au whiskey, lorsqu'arriva le tour des français, quelle ne fut pas ma surprise d'apprendre qu'ils le boivent sec ! Excellent Whiskey, distillé trois fois, au gout de vanille et de miel…

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S'ensuivit la visite de la brasserie Guiness, avec dégustation (sentir la guiness, remuer le verre et sentir de nouveau… il m'a fallu deux verres ayant loupé l'expérience), et pinte à l'appui.

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C'est en titubant sous la pluie que j'ai découvert ces beaux pavots et cette mouette laquée que vous aurez noté en illustration des pigeons, écureuils et limaces.

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Quant à l'escargot, je m'en vais de ce pas voir s'il est toujours là, si c'est le cas, j'en prendrai une photo.

Sunday, May 17 2009

0390

Aujourd'hui ce sera Belfast. Le bus s'engage sous une pluie coutumière, et, arrivé à l'aéroport de Dublin où il fait un premier arrêt, se remplit instantanément. Une femme d'un certain âge, d'un certain poids, à la patte folle et aux cheveux identiques d'un crème couvrant le blanc s'installe à mes côtés. Nous passons le voyage à discuter, elle m'informe sur Belfast, et entre deux phrases à mon égard, s'adresse au chauffeur qui m'informe à son tour, commentant les lieux avec un accent si prononcé que je ne comprends pas un traitre mot de ce qu'il dit. J'opine, la femme approuve ses dires à haute voix me sauvant la mise. Le paysage est somptueux, sous la pluie ou les rayons de soleil. Quelque part sur l'autoroute, la police de l'Eire nous arrête et demande à voir nos passeports. Ils ne les regardent pas, ils cherchent visiblement quelqu'un. Il s'agirait, selon le chauffeur et sa traductrice, d'un criminel qui s'attaque aux femmes. Le cortège continue sa route, les commentaires vont bon train, on me recommande vivement de louer une caravane et de sillonner l'Ireland. Nous passons en Ulster, pas de frontière, les plaques d'immatriculation sont différentes, proches des anglaises, tandis que celles de l'Eire sont sur le modèle européen. Retour aux Pounds, deux heures et demi de trajet plus tard, nous arrivons à Belfast.

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En premier lieu le plus vieux pub (de Belfast, d'Ireland ? du monde… ? j'ai oublié), enfin un très vieux pub, en second, l'hôtel le plus bombardé (d'Ireland ? du monde ?…), l'hôtel Europa. Le reste est à découvrir, sans brochures, aux grès de mes pas et du soleil qui m'accompagna toute la journée. Belfast est sans conteste beaucoup plus anglaise que Dublin, de splendides édifices ponctuent une ville en reconstruction. La population n'engorge pas les rues mais les centres commerciaux ou les quelques artères commerçantes ouvertes le dimanche. C'est dimanche, j'y suis resté trois heures, je n'en sais pas plus.

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Pour aller à Dublin, il faut prendre l'avion, et l'habitude aidant, je finis par en avoir une peur bleue. Réduire les trajets, voire les suspendre une fois pour toute est ma nouvelle lubie. Ce jour là les nuages étaient splendides et le voyage, bien que turbulent, d'une sécurité manifeste.
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Il ne pleut pas encore lorsque nous atterrissons, l'aéroport se démarque de Roissy le Terrible par sa petitesse et sa simplicité. Munie d'une carte je pars à la découverte de la ville qui se met à pleuvoir tout son saoul par trop nombreuses intermittences. Pour clore la journée, je me condamne à aller boire une Guiness dans un pub recommandé. C'était hier, il pleuvait, le barman très désagréable était…chinois.

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Ce matin des trombes d'eau s'abattent sur la ville, le nez pris, épuisée je décide de rester couver dans ma chambre et lire, jusqu'à ce que la liberté de ne rien faire me pousse à mettre le nez dehors en quête d'un parapluie. La surprise est de taille, la pluie s'est arrêtée et par intermittence, la ville scintille. Je déambule ainsi des heures durant, laissant mon guide dans mon sac, attirée telle une pie par les reflets brillants du soleil sur l'ardoise, la pierre, les cathédrales, les ruelles, le rouge, la reconstitution de l'atelier de Bacon, les marchés, les parapluies et le fleuve.

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Le centre de Dublin n'est pas très étendu, je finis par retrouver un quartier foulé la veille et me fais aborder par un mystérieux personnage aux cheveux roux, hirsute, veste en passe de s'élimer, j'ai nommé Owen. Owen me baratine, nous buvons un café, j'apprends ainsi qu'il vient du nord de l'Ireland, vit à London depuis 20 ans et est actuellement à Dublin pour deux raisons : assister aux Previews d'une pièce dont il a co-écrit l'adaptation, et se présenter ce soir même sur la scène d'un théâtre comique. La pièce en question est tirée d'une nouvelle de Stephen King, et se joue en matinée au Gaiety Theatre. C'est ainsi qu'en l'espace d'un café, mon séjour en Ireland est booké, à commencer par The Shawshank Redemption à 15h.
Je me débrouille correctement en anglais sans pour autant être bilingue, aussi une pièce de théâtre qui diffère énormément d'un film par l'absence d'images explicites, fut un enchantement. Apeurée de ne pas comprendre toutes les répliques, j'ai fini par laisser tomber la traduction simultanée et me suis instantanément retrouvée dans la peau d'un enfant, émerveillé par ce qu'il comprend et perçois sans être terrifié à l'idée que ce ne soit pas conforme à la réalité.

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En écoutant les dialogues, m'est apparue la chose suivante : les mots en anglais sont libres de toute corruption vécue. Apprendre une langue étrangère (je ne parle pas du thaï ou autres langues dont la structure diffère totalement de la notre), permet de retrouver le sens premier des mots, vierges des utilisations frauduleuses, manipulatrices, vierges de tout passif affectif et environnemental. Une langue, pratiquée pendant des années, parasitée par les multiples degrès d'interprétation finit par perdre l'auditeur, le lecteur, méfiant quant au sens caché. Cet effet se note parfois dans les e-mails, qui, écris sans ton, peuvent être sujets à contresens.
Cette utilisation frauduleuse du langage n'est pas universelle, mais à force de confrontation, la méfiance émousse les divers degrés de compréhension, qui d'employer un terme pour son antonyme, une fois par ci, une fois par là, s'y retrouve qui suit. La non communication à l'état brut, la perte de sens, l'isolement, le grand n'importe quoi.

Le comportement n'est pas épargné par l'usage d'une langue étrangère. Moins prompt, on s'abstient, et la situation prend une autre tournure… Tout ça est passionnant, mais je vais m'arrêter là pour ce soir. Je finirai par ces quelques mots :

J'ai remercié Owen sans accepter de café chez lui et me suis abstenue du coup d'aller voir son comique de situation, préférant me rendre au Pub Oval, déguster un Irish Stew (sorte de pot au feu succulent après une journée de marche effrénée), servi par un asiatique fort aimable.

Monday, May 11 2009

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Entre arsenic et vielles rengaines, un après midi de vendredi, Ugo m'emmène en Volvo visiter le château de Champs de Bataille. Sur la route nous passons à travers de superbes champs de colza une tornade de feuilles fraîches, un pilage au son des Pet shop Boys, pour croiser, médusés, une voiture (vide et séculaire) en flammes. Arrivés au château, munis de nos seules cartes de crédit refusées, nous nous voyons prêter l'entrée sous sceau de confiance. Quelques grues, un chien, des jardins, des fontaines magiques et un beau château aux commentaires audio monocordes. S'ensuit un thé royal accompagné de pâtisseries, le tout sur la note des aristos déchus.

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Paris n'est pas quelquepart, les photos se font rares, les vielles pierres tombent.
A mes amis pourtant, que je ne cite presque pas et ne photographie pas, je dis merci du fond du cœur, s'ils ne sont pas tous quelquepart, ils sont là.

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Wednesday, May 6 2009

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Arsenal s'est fait laminer par Sir Alex Ferguson. Manchester ou Chelsea, que Barcelone perde.

Tuesday, May 5 2009

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Saatchi Gallery, New art from the Middle East.

Beirut and Hidden Dolls,
Ghost! Ghost! Where spririt and Semen Met Old Persons Home.
(Marwan Rechmaoui and Halim Al-Karim,
Kader Attia! Kader Attia! Barbad Golshiri Sun Yuan and Peng Yu)

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Plus au sud, William Forsythe nous fait danser le temps, Roni Horn aka Roni Horn, ce qui vaut à la Tate quelques bahts cadeaux.

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Plus tôt dans le mois, passer à Brighton voir mes voisins de Bangkok, quitter Paris et arriver à Londres pour rencontrer Thomas et son fameux coca.

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Retour à aujourd'hui, un grand match de foot se prépare, la ville retient son souffle, tandis qu'un écoulement d'occident parasite mon esprit.

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De l'occident, de l'orient, de tout je ne comprends plus rien, de peu non plus, je n'ai plus d'avis, je ne suis même plus contre. Dodeliner.

Monday, April 27 2009

0385

On donne, en Occident, une trop grande importance au devoir de vivre, en totale contradiction avec la vie elle-même. Nous sommes tous accrochés à la vie non pour la découvrir, mais pour en pâtir en se protégeant d'une mort imminente dont on nous rabâche la présence. Ces alertes à la mort incessantes (dernièrement la grippe porcine) ce long purgatoire d'échecs et de dangers, font de la vie un calvaire et de l'ombre de la mort une épée de Damoclès que l'on nous colle entre les doigts. Malheur à celui qui meurt, il aura passé sa vie à être prévenu.

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